Déclaration liminaire FO-FSU F3SCT
La FSU et FO souhaitent intervenir concernant le sort trop souvent réservé à nos collègues porteurs de handicap ou tout simplement pour lesquels il est nécessaire d’adapter le poste de travail.
Les procédures à l’interne de notre établissement ne sont pas claires non seulement pour ces personnels impactés mais également semble t-il pour les composantes et/ou chefs de services, de laboratoires.
La page dédiée au handicap dans l’ENT ne signale que le contact RH pour toutes ces questions.
Comment un personnel, suite à la visite au SMUT, peut-il savoir la suite donnée par rapport aux préconisations du médecin ?
Quel est le service ou la personne habilitée à mettre en place (Montage) les différents mobiliers ou matériels préconisés ? Qui doit prendre en charge financièrement le coût de ces équipements, et avec quels délais ? Les contingences matérielles et les dysfonctionnements organisationnels ne doivent pas être un obstacle à l’aménagement du poste de travail auquel a droit tout agent en raison de son état de santé ou de son handicap.
Pour nos collègues, après la jungle que représente la MDPH, c’est la jungle de l’université pour obtenir les aménagements et /ou savoir vers qui se tourner. Il devient même désormais plus rapide d’obtenir une RQTH qu’un siège ergonomique à l’université !
Certains récits sont en effet ubuesques :
Par exemple : lors de la convocation chez le médecin agréé extérieur chez lequel les agents sont convoqués par la DRH et qui découvrent que le praticien n’a pas reçu leur dossier. Comment cet expert peut-il travailler dans ces conditions ?
Autre exemple : Un matériel qui arrive en pièces détachées, sans aucune indication sur la personne chargée d’intervenir ou possédant les compétences nécessaires, et sans que celle-ci ait été prévenue à l’avance, pose d’emblée problème.
Trop souvent, l’agent attend, écrit, réécrit et attend encore. Mais en réalité, il ne fait pas qu’attendre : il souffre. Il peut aussi se sentir déconsidéré. Toutes ces lenteurs – silences, renvois d’un service à l’autre, réponses qui n’arrivent jamais – ne sont pas de simples lourdeurs administratives pour l’agent en situation de handicap. Ensemble, elles portent atteinte à sa santé et à sa dignité. Elles créent pour lui un environnement intimidant, hostile, dégradant et humiliant, où il doit sans cesse réclamer, relancer, se plaindre, au risque de passer pour le casse-pied du service.
Sensibiliser au handicap par des actions de communication est nécessaire, mais insuffisant. Il faut également former les responsables administratifs et les chefs de composante afin qu’ils prennent pleinement conscience de leurs responsabilités — juridiques, bien sûr, mais aussi sociales. Les former à l’inclusion, c’est d’abord leur apprendre à ne pas discriminer, volontairement évidemment, mais aussi — et c’est le cas le plus fréquent — sans même s’en rendre compte.
Le handicap invisible, ce n’est pas seulement celui qui ne se voit pas : c’est aussi celui que l’on ne cherche pas à voir.
Ces d’éléments doivent nous faire réfléchir collectivement au bien-être de nos collègues porteurs de handicap et qui doivent donner lieu à des procédures d’articulation de tous les services au cœur de ces problématiques.
Bien des choses pourraient être plus simples si l’on voulait vraiment être une université inclusive ! »